La Cedeao a approuvé la suppression de plusieurs prélèvements aériens, qui représentaient une part importante du coût élevé des billets d’avion dans la région.
Les voyageurs de l’espace communautaire ouest-africain pourraient bientôt bénéficier d’une réduction sensible du prix des billets d’avion. En effet, la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a annoncé, le 9 décembre 2025, une harmonisation des régimes de taxation ainsi que la suppression de plusieurs prélèvements.
D’après Jeune Afrique (JA), cette mesure porte notamment sur les contributions de solidarité, les taxes parafiscales et certaines redevances additionnelles sans lien direct avec la sûreté aérienne. Ces dernières peuvent représenter jusqu’à 40% du tarif payé par un passager voyageant entre deux capitales de la région.
Ce facteur figure parmi les principales causes de la cherté des billets d’avion en Afrique de l’Ouest. Des analyses conjointes de la Cedeao, de l’Union africaine, de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) et de l’Association internationale du transport aérien (IATA) révèlent que les prix pratiqués dans la zone ouest-africaine sont supérieurs de 85% à la moyenne mondiale pour les vols régionaux, et de 82% pour les trajets internationaux.
Des causes structurelles
Plus largement sur le continent, les taxes et redevances peuvent représenter entre 60 et 70% du prix total d’un billet, contre 45 à 50% dans le reste du monde. Cette disparité s’explique, entre autres, par la configuration économique des aéroports africains.
“Les aéroports africains sont souvent de taille modeste et génèrent peu de revenus à partir d’activités non aéronautiques, comme les boutiques hors taxes, les restaurants ou les parkings”, explique Paul Chiambaretto, professeur à la Montpellier Business School et directeur de la chaire Pégas sur l’économie du transport aérien, cité par France 24.
En conséquence, ces plateformes sont contraintes d’accroître les redevances facturées aux compagnies pour chaque atterrissage, décollage ou utilisation d’infrastructures. Résultat : un trajet entre deux villes ouest-africaines revient fréquemment plus cher qu’un vol vers l’Europe ou les États-Unis, malgré des distances beaucoup plus courtes.
Des vols aux prix excessifs
À titre illustratif, les taxes sur un vol régional au départ de Cotonou peuvent atteindre près de 93 000 FCFA, contre des montants variant entre 30 000 et 52 500 FCFA à Abidjan. Par ailleurs, bien que le continent africain abrite 12% de la population mondiale, il ne compte que 2% du trafic aérien global.
Cette faible demande empêche d’amortir les coûts fixes sur un volume suffisant de passagers, ce qui contribue mécaniquement à maintenir des tarifs élevés. Pour la Cedeao, désireuse de renforcer son intégration économique, la question du coût du transport aérien représente ainsi un enjeu majeur pour la libre circulation des personnes et des marchandises.
À court terme, la région espère une baisse d’au moins 40% des tarifs grâce à cette réforme. L’ambition est de créer un cercle vertueux : des prix plus abordables stimuleraient la demande et le trafic passagers, augmentant les revenus des compagnies et des aéroports, et permettant à terme d’investir dans les infrastructures et d’ouvrir de nouvelles dessertes.

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