Maroc : Moulay El Hassan franchit une étape clé vers le trône

Le prince héritier marocain est désormais chargé de la coordination des bureaux et services du Commandement Général des Forces armées royales. De quoi marcher sur les traces de son père.

Le roi Mohammed VI du Maroc a nommé, samedi 2 mai, son fils Moulay El Hassan coordinateur des bureaux et services de l’état‑major général des Forces armées royales. Cette fonction place le jeune héritier de bientôt 23 ans, au centre névralgique de la hiérarchie militaire du royaume.

Cette responsabilité lui permettra d’interagir directement avec les plus hauts gradés des Forces armées royales et de se familiariser avec les enjeux sécuritaires et stratégiques du pays, dans un contexte régional traversé par de multiples tensions géopolitiques.

Le coordinateur assure en effet l’interface entre les différents services de l’état‑major, veille à la circulation de l’information au cœur du commandement et contribue aux processus qui définissent la posture défensive et les engagements des forces. Le roi Mohammed VI avait lui‑même occupé ce poste lorsqu’il était prince héritier, après sa nomination en 1985 par son père, le défunt Hassan II.

Un parcours de formation dynastique

Cette étape avait inauguré pour l’actuel souverain un long processus de transmission progressive des prérogatives militaires, étalé sur près de quatorze ans jusqu’à son accession au trône en juillet 1999. Avec cette nouvelle charge, Moulay El Hassan, fils aîné de Mohammed VI et de la princesse Lalla Salma, est davantage propulsé au-devant de la scène.

Le prince a déjà représenté son père lors de plusieurs cérémonies officielles, notamment à l’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations 2025 organisée au Maroc, ainsi qu’aux funérailles de personnalités étrangères comme le comte de Paris Henri d’Orléans ou l’ancien président français Jacques Chirac.

Selon le journaliste et universitaire Omar Brouksy, auteur de « Maroc, fin de règne », les rares témoignages de personnes ayant brièvement échangé avec lui décrivent un jeune homme poli, plutôt réservé, mais doté d’une personnalité affirmée et d’un caractère bien marqué.

Une transition en cours ?

L’état de santé du roi Mohammed VI, qui règne depuis 1999, alimente les spéculations depuis plusieurs années. Ses absences répétées et ses apparitions publiques de plus en plus espacées nourrissent une « atmosphère de fin de règne », selon l’expression du journaliste.

Pour autant, l’idée d’une transition ouverte reste prématurée. Pour le journaliste, il est « très difficile de parler de transition parce que le roi reste l’alpha et l’oméga du pouvoir au Maroc ». Aucune décision politique stratégique, affirme-t-il, « aucune, n’est prise sans que le roi soit informé et sans qu’il la valide ».

Le futur souverain n’a, à ce jour, jamais accordé d’interview ni pris la parole en public, au point que sa voix demeure inconnue des Marocains comme des observateurs étrangers. Cette discrétion tranche avec les standards de communication des jeunes membres de familles royales européennes, mais reste conforme à la tradition de réserve de la monarchie alaouite, qui expose peu ses héritiers avant leur intronisation.


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