Thomas Partey embrase les relations Ghana-Canada

Accra conteste officiellement le refus d’entrer sur le territoire canadien opposé à son milieu de terrain, convoquant la présomption d’innocence face à ce qu’il qualifie de décision inéquitable et disproportionnée.

Le gouvernement ghanéen prend la défense de Thomas Partey, international ghanéen interdit d’entrer au Canada pour y disputer la Coupe du monde avec sa sélection. Le milieu de terrain ne pourra ainsi pas participer au match d’ouverture du Ghana contre le Panama, prévu le 17 juin 2026 au BMO Field de Toronto.

À l’origine de cette décision se trouve l’application de l’article A36(1)(c) de la loi canadienne sur l’immigration et la protection des réfugiés.

Ce texte autorise les autorités à refuser l’entrée ou le séjour à toute personne ayant commis à l’étranger un acte grave — même sans condamnation — dès lors que cet acte est réprimé dans le pays où il a été commis et qu’il correspond à une infraction fédérale canadienne passible d’au moins dix ans de prison.

Thomas Partey fait précisément face à sept chefs d’accusation de viol et un chef d’agression sexuelle dans le cadre d’une enquête de la police métropolitaine de Londres, des charges pour lesquelles il a plaidé non coupable.

Le Ghana brandit la présomption d’innocence

Son procès, initialement prévu en novembre devant la Southwark Crown Court, a été repoussé au 8 juin 2027. Pour le ministère ghanéen des Affaires étrangères, le refus d’admettre sur le territoire le joueur de Villarreal relève d’une décision « cavalière et profondément injuste ».

« Le gouvernement du Ghana réaffirme le principe juridique fondamental de la présomption d’innocence, pierre angulaire de la justice et de la procédure régulière dans les sociétés démocratiques », déclare le ministre Sam Okudzeto Ablakwa dans un communiqué publié sur X.

Une note de protestation formelle a été adressée à Affaires mondiales Canada pour demander une révision de la décision. Accra précise en outre qu’il explorera « tous les recours disponibles » — diplomatiques, juridiques et administratifs — y compris, le cas échéant, une demande de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale du Canada.

Un joueur clé, une absence qui pèse

Au‑delà du soutien de principe à l’un de ses ressortissants, l’enjeu sportif est majeur pour le Ghana. L’ancien milieu d’Arsenal compte 57 sélections avec les Black Stars, dont il est le capitaine.

Son absence pour le premier match fragilise un collectif qui misait sur son expérience et son leadership au milieu de terrain. Fait notable, les États‑Unis ont, eux, autorisé son entrée sur leur territoire, ce qui lui permettra de disputer les autres rencontres de poule : contre l’Angleterre au Gillette Stadium (Boston) le 23 juin, puis face à la Croatie au Lincoln Financial Field (Philadelphie) le 27 juin.

Un autre joueur du Mondial, le défenseur marocain Achraf Hakimi, se trouve dans une situation comparable, dans l’attente de son procès à Paris pour des accusations similaires.


Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*