Le pays d’Afrique australe s’apprête, le mois prochain, à arbitrer entre continuité économique et frustration sociale persistante, à l’occasion d’une élection présidentielle réunissant quatre principaux candidats, dont deux donnés favoris.
Cinq ans après une alternance historique, la Zambie retourne aux urnes le 13 août 2026 pour désigner son septième président. Sur les 14 candidats validés par l’organe de gestion des élections, quatre trajectoires concentrent l’essentiel de l’attention.
Arrivé au pouvoir en 2021 en pleine pandémie de Covid‑19 et alors que le pays venait de faire défaut sur sa dette souveraine, le président sortant Hakainde Hichilema, surnommé « HH » ou « Bally », aborde le scrutin fort d’un redressement porté par les cours élevés du cuivre et une restructuration de la dette menée sous l’égide du G20.
L’inflation annuelle est retombée à 6,5% en juin, son niveau le plus bas depuis plus de huit ans, et le Fonds monétaire international anticipe une croissance de 4,3% cette année, contre 3,8% l’an dernier.
Le camp au pouvoir, porté par le parti UPND, part ainsi favori, d’après un sondage réalisé fin 2025 par le Zambia Election Research Network, qui créditait Hichilema de 55% des intentions de vote, même si ce chiffre précède l’entrée en campagne d’une opposition décidée à ne pas se laisser distancer.
Une opposition unifiée, mais un climat politique contesté
Sa principale figure n’est autre que Brian Mundubile, avocat de 55 ans et candidat de la Tonse Alliance, qu’il conduit désormais sous l’étiquette du National Reconciliation Party for Unity and Prosperity.
Ce parlementaire, qui se présente pour la première fois à la magistrature suprême, mise sur le mécontentement populaire persistant malgré des indicateurs macroéconomiques au vert.
Hichilema a lui‑même d’ailleurs reconnu, en marge du lancement de sa campagne à Lusaka, la nécessité d’apporter davantage de réponses aux attentes sociales.
« Comment pouvez‑vous vous vanter d’avoir constitué 6,5 milliards de dollars de réserves de change alors que votre population a faim ? », a lancé Mundubile lors d’un rassemblement le mois dernier.
La menace d’un second tour
L’opposition accuse par ailleurs le pouvoir de restreindre sa liberté de campagne et de museler la contestation, des griefs que Hichilema rejette.
Une loi sur la cybercriminalité adoptée en 2025, jugée floue par plusieurs organisations de la société civile, ainsi que des réformes constitutionnelles élargissant le Parlement, signées en décembre, alimentent les inquiétudes d’observateurs qui y voient un renforcement de l’emprise du parti au pouvoir.
Selon Lee Habasonda, politologue à l’Université de Zambie, la clé du scrutin réside avant tout dans le seuil de tolérance de la population face aux difficultés économiques, davantage que dans le contenu des programmes ou des promesses.
« Même si l’opposition a commencé tard à se mobiliser et à s’organiser, elle ne doit pas être sous‑estimée », souligne‑t‑il. Il estime par ailleurs que la véritable bataille se jouera sur la capacité du parti présidentiel à l’emporter dès le premier tour avec plus de 50% des voix, faute de quoi des recompositions au sein de l’opposition pourraient rebattre les cartes au second tour.

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