Un Mugabe interpellé pour tentative de meurtre en Afrique du Sud

Chatunga Mugabe a été arrêté par la police sud-africaine après la découverte, dans sa somptueuse résidence de Johannesburg, d’un homme grièvement blessé par balle.

C’est à un « cas particulier » que la police de Johannesburg a eu affaire, jeudi 19 février dernier. Appelés en pleine nuit dans le quartier huppé de Hyde Park, les agents ont dû interpeller Bellarmine Chatunga Mugabe.

Âgé de 28 ans, il s’agit du fils cadet de l’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe. L’intervention faisait suite à une fusillade survenue quelques heures plus tôt dans sa résidence cossue.

Un employé de 23 ans, présenté comme jardinier sur la propriété, a été retrouvé grièvement blessé par balle avant d’être transféré d’urgence à l’hôpital dans un état critique. Dans une brève déclaration à la presse, le porte-parole de la police a confirmé l’ouverture d’une enquête, précisant que les circonstances exactes de la fusillade demeuraient encore floues.

Deux suspects ont été arrêtés sur place et placés en garde à vue. Si les autorités n’ont pas communiqué leurs identités, l’avocat de la famille Mugabe a reconnu que Chatunga faisait partie des personnes interpellées. Des images diffusées par la presse sud-africaine semblent d’ailleurs le montrer menotté devant la villa.

Un passé judiciaire déjà chargé

Les enquêteurs ont découvert plusieurs douilles à l’intérieur de la maison, sans retrouver toutefois l’arme utilisée. Des unités cynophiles ont été mobilisées et des plongeurs ont fouillé la piscine de la propriété.

Si cette arrestation fait le buzz, elle ne constitue pas une première pour Chatunga Mugabe. Le jeune homme, célèbre pour son mode de vie ostentatoire et ses excès largement relayés sur les réseaux sociaux, multiplie les démêlés judiciaires depuis plusieurs années.

En juillet 2025, il avait été arrêté au Zimbabwe pour une agression présumée contre des agents de sécurité à Harare. Un an plus tôt, il avait déjà été interpellé après une altercation avec un policier à un poste-frontière.

Une réputation familiale écornée

Les affaires judiciaires ne concernent pas uniquement Chatunga. Sa mère, l’ex-Première dame Grace Mugabe, avait été accusée d’agression à Johannesburg en 2017, dans une affaire impliquant une jeune femme dans un hôtel de luxe.

Elle avait alors bénéficié d’une immunité diplomatique controversée qui lui avait permis de quitter le pays sans poursuites. Son frère aîné, Robert Mugabe Jr., a quant à lui comparu devant la justice en 2025 pour des accusations liées à la drogue, qu’il conteste fermement.

Enfin, en 2017, les deux frères avaient déjà été mêlés à une affaire d’expulsion violente d’un appartement de luxe en Afrique du Sud. Depuis la mort de Robert Mugabe en 2019, la famille, désormais loin du pouvoir, continue ainsi de défrayer la chronique judiciaire, tant au Zimbabwe qu’en Afrique du Sud.


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