Malawi : le stockage par batteries pour stabiliser le réseau électrique

Le pays d’Afrique australe mise sur le stockage de l’énergie solaire afin d’atténuer, au moins en partie, la récurrence des coupures d’électricité.

Le gouvernement malawite a inauguré, le 26 juillet dernier à Lilongwe, la capitale, un système de stockage par batteries, une première en Afrique australe, Namibie comprise.

Financé par une subvention de 20 millions de dollars accordée par la Global Energy Alliance for People and Planet (GEAPP), le projet affiche une capacité de 20 MW et poursuit un double objectif : stabiliser l’approvisionnement en électricité à l’échelle nationale et réduire significativement le recours à la production thermique au diesel, particulièrement coûteuse.

Le réseau électrique du Malawi souffre en effet de déséquilibres structurels persistants, marqués par une offre instable, un niveau élevé d’écrêtement des énergies renouvelables (électricité produite mais non injectée), une forte dépendance à l’hydroélectricité et un usage onéreux de générateurs diesel en appoint.

« Ce projet vise à fournir une électricité stable et de qualité, indispensable à nos hôpitaux pour sauver des vies, à nos écoles pour former les jeunes et à nos entreprises pour se développer », a déclaré le ministre de l’Énergie, Jean Mathanga, cité par Reuters.

Un outil pensé pour valoriser le solaire existant

Selon Sinosi Maliyano, directeur des opérations de la compagnie nationale d’électricité (ESCOM), cité par l’agence de presse, cette infrastructure devrait bénéficier directement à environ 600 000 ménages.

Le Malawi dispose d’environ 100 MW de capacité solaire, encore largement sous-utilisée en journée faute de demande suffisante. Le système de batteries permet désormais de stocker cette production diurne pour la redistribuer en soirée, lors des pics de consommation.

Sur le plan environnemental, l’installation devrait également éviter l’émission de plus de 10 000 tonnes de carbone par an. Au-delà des aspects techniques, l’enjeu concerne aussi l’élargissement de l’accès à l’électricité.

Un peu plus d’un quart de la population malawite est aujourd’hui raccordé au réseau, un taux que les autorités ambitionnent de porter à 70% d’ici 2030, notamment grâce à une meilleure exploitation du potentiel solaire local.

L’espoir de lendemains plus stables

La fracture demeure toutefois marquée entre zones urbaines et rurales. À peine 4% des foyers ruraux ont accès à l’électricité, contre plus de la moitié en milieu urbain, conséquence d’une priorité longtemps accordée aux centres industriels et aux villes.

Les autorités entendent désormais étendre progressivement le réseau vers les zones rurales. Sur le plan économique, l’objectif est de garantir une énergie plus fiable afin de soutenir l’activité locale, souvent pénalisée par des coupures imprévues et des interruptions de production.

« J’ai du mal à payer les frais universitaires de mes enfants, car mon activité de soudure ne suffit plus à cause des coupures fréquentes. Nous espérons que ces batteries feront la différence », témoigne Adrian Masoambeta, 43 ans, propriétaire d’un atelier de soudure, auprès de Reuters.

Interrogée par CGTN Africa sur l’absence de financement strictement commercial, alors même que les bénéfices du stockage d’énergie sont bien établis, Karol Koc, vice-présente Afrique du GEAPP, a indiqué que le Malawi servait de projet pilote destiné à démontrer la viabilité de ce type d’infrastructure sur le continent.


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