Centrafrique : l’ambassadeur qui embarrasse la France

Bruno Foucher fait l’objet d’une procédure disciplinaire du ministère des Affaires étrangères pour avoir enfreint les règles de sécurité en invitant des jeunes femmes dans sa résidence de Bangui afin d’y entretenir des relations sexuelles.

C’est une information d’abord révélée par Le Canard enchaîné, puis confirmée par le Quai d’Orsay : Bruno Foucher, ambassadeur de France en République centrafricaine (RCA), fait depuis avril l’objet d’une procédure disciplinaire susceptible de déboucher, dans le cas le plus extrême, sur sa mise à la retraite d’office.

En cause, des pratiques peu recommandables auxquelles il se serait livré au cours des deux dernières années, au moins. L’homme de 65 ans, en poste à Bangui depuis 2023, faisait en effet venir dans sa résidence de jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans, entre janvier 2024 et mars 2026, pour des parties de plaisir.

Au total, une trentaine de femmes auraient ainsi défilé chez lui durant cette période, à raison d’une quinzaine de visites par mois, selon le palmipède. Certaines auraient parfois passé la nuit dans la résidence du diplomate. L’une d’entre elles y aurait même séjourné plusieurs jours en son absence.

Entrave aux mesures de sécurité

De quoi inquiéter les gendarmes du GIGN chargés de sa protection. Ces derniers ont donc signalé les faits, ce qui a conduit à une inspection sur place, à Bangui. Dans le cadre de cette enquête, dont Le Canard enchaîné a pu obtenir une copie, l’ambassadeur s’est d’abord justifié en indiquant qu’il souhaitait aider ces jeunes femmes à accéder à sa bibliothèque ainsi qu’à sa collection de films.

Il a d’ailleurs payé les études d’infirmière de l’une d’elles, en lui faisant remettre des enveloppes de billets. Quant à la jeune femme qui avait passé quelques jours dans la résidence de l’ambassadeur, Bruno Foucher affirme que c’était dans le but de lui permettre d’échapper à sa famille.

Le diplomate a toutefois admis, lors d’une seconde audition menée par les services du Quai d’Orsay et impliquant une quarantaine de témoins, avoir eu des relations sexuelles avec deux de ces jeunes femmes.

Selon Michael Pauron, journaliste et cofondateur du média Afrique XXI, Bangui est malheureusement relativement réputée pour ce genre de comportements impliquant des diplomates français, mais aussi des expatriés français et des jeunes femmes centrafricaines.

Un timing qui la fout mal

Il rappelle avoir documenté, dans son livre Les ambassades de la Françafrique, l’héritage colonial de la diplomatie française, le cas d’un diplomate qui publiait sur un réseau social ouvert des photos suggestives avec de jeunes femmes en RCA.

Le journaliste souligne également que l’armée française avait été mise en cause dans ce pays lors de l’un de ses déploiements, dans une affaire impliquant là encore des militaires français et des jeunes femmes centrafricaines.

« C’est un lieu, quand même, où il y a beaucoup de scandales de ce genre, en fait, et la plupart ne sont jamais révélés », ponctue le journaliste. Cet énième scandale intervient alors que les relations entre la France et la Centrafrique connaissent un réchauffement, après des années de brouille sur fond d’influence russe grandissante dans le pays.


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