Les États-Unis ont décidé de ne plus soutenir le dispositif logistique onusien qui maintient les troupes africaines sur le terrain face aux shebabs, entre autres.
Selon des documents diplomatiques consultés par Reuters, l’administration américaine a informé le 1er juillet l’Union africaine de son intention de mettre fin à son financement du Bureau d’appui des Nations unies en Somalie (UNSOS) à l’expiration de son mandat, prévue fin 2026.
Si Washington précise qu’il ne s’opposera pas au renouvellement de cette mission onusienne, chargée d’apporter un soutien logistique et opérationnel aux opérations de paix en Somalie, il entend en revanche rejeter toute proposition visant à prolonger ou renforcer l’implication des Nations unies.
Une telle décision entraînerait de facto la fin de la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM), dont le budget logistique — couvrant notamment alimentation, eau, carburant, soins médicaux et transport des troupes — s’élevait à 190 millions de dollars l’an dernier.
Plus largement, les ressources allouées à l’ensemble des opérations dans cette région de la Corne de l’Afrique, gérées par l’UNSOS, atteignent près de 500 millions de dollars. Les États-Unis justifient cette orientation par le manque de résultats sur le terrain, malgré les investissements engagés.
Un désengagement inscrit dans la doctrine « America First »
« Les États-Unis ont fourni près de 2 milliards de dollars en contributions obligatoires à l’UNSOS et à son prédécesseur… Malgré cet investissement, la Somalie n’a pas été en mesure de maintenir de manière autonome les progrès réalisés par l’AUSSOM et les missions précédentes pour affaiblir et contenir al-Shabaab, ni d’assumer la majorité de ses propres fonctions de sécurité », a indiqué à Reuters, un porte-parole du département d’État américain.
Selon lui, Washington ne peut continuer à soutenir une mission qui n’a pas atteint ses objectifs fondamentaux, au détriment d’autres priorités sécuritaires jugées plus directement liées aux intérêts américains.
Les autorités américaines pointent également les divisions politiques internes en Somalie, estimant que les rivalités entre dirigeants affaiblissent la lutte contre le groupe islamiste al-Shabaab.
L’Union africaine sous pression, les shebabs en embuscade
Ces critiques interviennent dans un contexte de crise politique aiguë. Le président Hassan Cheikh Mohamoud a fait adopter plus tôt cette année des révisions constitutionnelles controversées prolongeant son mandat, contestées par l’opposition et certaines entités régionales.
Cette situation a provoqué des affrontements dans plusieurs zones, notamment à Mogadiscio. « Cela aura des conséquences majeures pour la Somalie », avertit auprès de Reuters Ahmed Koshin, ancien haut responsable du ministère de la Défense et actuel député, alors que l’Union africaine évalue les implications du retrait américain.
Face à ce désengagement, le pays pourrait se tourner davantage vers des partenariats bilatéraux. La Turquie, déjà fortement implantée sur le plan militaire, pourrait ainsi renforcer sa présence, tandis que certains observateurs évoquent une possible montée en puissance de la Russie ou de la Chine.

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