Le président de la Confédération africaine de football (CAF) est fréquemment cité parmi les potentiels prétendants à la présidence du Congrès national africain (ANC), un tremplin pour le pouvoir en Afrique du Sud. Mais encore faudrait-il qu’il se décide à se lancer.
« C’est en dehors de la politique que je peux le mieux continuer à apporter ma modeste contribution à un pays qui m’a tant donné, qui a tant compté pour moi et qui continue de compter autant. »
Le 13 mai dernier, interrogé sur France 24 au sujet d’un possible saut en politique, Patrice Motsepe, actuellement à la tête de la CAF, dément en bloc toute ambition de ce genre.
« Je n’ai pas besoin de passer par la politique pour apporter ma contribution à mon pays et au peuple sud-africain, ni pour accomplir mon devoir. Nous avons des personnalités remarquables », reprend-il face à l’insistance du journaliste Marc Perelman.
« C’est parce que les spéculations sont nombreuses », fait d’ailleurs remarquer ce dernier, en référence aux bruits qui courent au sein de l’opinion publique sud-africaine quant à l’hypothèse de voir ce businessman à succès s’engager dans cette voie.
Un contexte favorable ?
Le contexte est en effet on ne peut plus propice. À quelques encablures de la prochaine conférence nationale élective de l’ANC, prévue en décembre 2027 et censée déboucher sur la désignation du successeur de l’actuel président Cyril Ramaphosa à la tête du parti, les pions se déplacent plus que jamais sur l’échiquier.
Les ambitions s’aiguisent d’autant plus que la présidence du parti de Nelson Mandela assure quasiment à son titulaire une voie royale vers la tête de l’État sud-africain.
Le vice-président de la formation, Paul Mashatile, et son secrétaire général, Fikile Mbalula, se livrent d’ores et déjà un duel à distance, bravant l’hostilité à l’autopromotion des prétendants, longtemps de mise au sein du mouvement.
Particulièrement populaire en Afrique du Sud, Motsepe est ainsi régulièrement évoqué comme une option rassembleuse. D’autant que l’ANC doit veiller à ne pas voir son image s’effriter davantage dans l’opinion lors des prochaines échéances électorales.
De sérieux handicaps ?
Un sondage du journal News24 et de l’institut SABI, publié le 5 octobre dernier, le place notamment en tête des leaders politiques les plus plébiscités dans le pays, toutes obédiences confondues.
« Je pense qu’il pourrait même viser la présidence de la République s’il décidait de s’engager », estime Mark Gleeson, journaliste sud-africain interrogé par RFI. Si le patron de la CAF jouit d’un carnet d’adresses fourni et de ressources financières conséquentes — sa fortune serait estimée à plus de deux milliards de dollars —, il ne manque pas de handicaps.
Les observateurs soulignent notamment son inexpérience politique et l’émergence potentielle de résistances au sein de l’ANC en cas de déclaration de candidature. À cela s’ajoutent ses liens avec Cyril Ramaphosa, époux de sa sœur, qui pourraient être perçus à la fois comme un atout et un frein.

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