Plusieurs domiciles de proches ou de membres de la famille du président congolais ont été passés au peigne fin par la police, sur instruction du parquet fédéral belge. L’opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête déclenchée après le dépôt d’une plainte, notamment pour corruption, par une coalition d’ONG.
On ignore si l’action a été concluante, mais son seul déroulement est déjà significatif. Le mercredi 14 octobre dernier, le parquet fédéral a fait procéder à des perquisitions aux domiciles de plusieurs proches de Félix Tshisekedi, le président de la République démocratique du Congo (RDC).
À l’origine de cette initiative, menée entre autres à Uccle, commune huppée de la banlieue de Bruxelles, figure une plainte déposée en Belgique par la plateforme DESC-RDC, qui rassemble des organisations de défense des droits économiques, sociaux et culturels en RDC.
Dans leur collimateur : une dizaine de membres de la famille du chef de l’État, citoyens belges pour la plupart, dont son frère, sa mère et son épouse. Ils sont notamment accusés, dans un rapport publié l’an dernier, de détournements de ressources provenant de l’exploitation des mines du Katanga, la riche province congolaise.
« La recherche de la vérité »
Dans le sud du pays, des milliers de mineurs travaillent en effet dans des conditions précaires. Parallèlement, les communautés locales se plaignent de ne pas profiter de ces richesses.
« La plainte déposée en Belgique porte sur la captation de ressources par des citoyens belges et sur le blanchiment de fonds issus du détournement de revenus miniers et de ressources appartenant aux communautés locales, au détriment de l’État congolais. Ces fonds ont permis aux personnes concernées de mener un train de vie largement supérieur à ce que leurs revenus légitimes leur permettraient », explique à Reuters Hervé Diakese, l’un des avocats des plaignants.
« Si, dans les domiciles, on trouve un volume de liquidités anormal, des actifs d’une valeur très élevée, des éléments de conversation ou d’échange dans les équipements informatiques d’une personne, des relevés bancaires, des pièces, etc., tout cela contribue à la découverte de la vérité », a déclaré pour sa part son collègue belge, Bernard Maingain, cité par TV5 Monde.
Nouvelle source de tensions
Si le président Tshisekedi n’est pas explicitement visé par la plainte, cette démarche de la justice belge n’est pas de nature à arranger les relations entre le Congo et l’ancien pays colonisateur.
La présidence congolaise a ainsi ordonné à son cabinet, dans un communiqué publié peu après les perquisitions, de cesser tout contact direct avec l’ambassade de Belgique jusqu’à nouvel ordre, sans plus de détails.
De son côté, Denise Nyakeru, l’épouse du chef de l’État, s’est dite étonnée de ces opérations, tout en rejetant fermement les accusations. Elle assure toutefois les enquêteurs de son entière coopération.

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