L’homme, âgé d’une trentaine d’années, est soupçonné d’avoir enregistré à leur insu des rapports intimes avec plusieurs femmes dans les deux pays africains, avant de publier les vidéos sans leur accord.
Ce qui n’était au départ qu’un scandale d’ordre privé semble désormais prendre une tournure diplomatique. Le 17 février dernier, le ministère ghanéen des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de Russie à Accra au sujet d’un ressortissant moscovite activement recherché par les autorités locales.
L’homme de 36 ans, qui avait séjourné au Ghana par le passé et décrit dans les médias comme un « artiste de la séduction » autoproclamé, est soupçonné d’avoir enregistré à leur insu ses ébats avec plusieurs femmes avant de mettre les vidéos en circulation sur Internet sans leur accord.
Le même individu aurait reproduit ces agissements au Kenya, utilisant des lunettes munies de caméras dissimulées pour filmer ses partenaires, suscitant une vague d’indignation aussi bien au sein des autorités que de la société civile dans les deux pays africains.
Face à la gravité des faits, Accra a affiché une position ferme et résolue, affirmant sa volonté de mobiliser tous les moyens nécessaires pour que cet homme – qui aurait entre-temps regagné Moscou selon certaines informations – réponde de ses actes devant la justice.
Mobilisation judiciaire et réactions officielles
Nairobi a également dénoncé les faits, les qualifiant de « forme grave de violence basée sur le genre ».
« En tant que gouvernement, nous considérons de telles violations non seulement comme des infractions pénales, mais aussi comme des atteintes au tissu social de notre nation, fondée sur le respect, la dignité humaine et la protection des personnes vulnérables », a déclaré un haut responsable cité par la chaîne Firstpost.
Les services de sécurité, d’enquête et de poursuite judiciaire ont reçu instruction de traiter cette affaire avec célérité, en coordination avec des partenaires internationaux. Du côté de la représentation russe au Ghana, la prudence reste de mise.
Une position de réserve à Moscou
L’ambassade de Russie à Accra s’est limitée à indiquer avoir « pris note » des informations circulant dans la presse, sans toutefois annoncer de collaboration officielle. Le principal obstacle juridique est que la Constitution russe interdit, sauf exception, l’extradition de ses citoyens vers l’étranger, comme l’a rappelé l’ambassadeur dans un communiqué relayé par RFI.
Le droit ghanéen, lui, se montre particulièrement rigoureux. La diffusion d’images intimes sans consentement peut être punie d’une peine allant jusqu’à vingt-cinq ans d’emprisonnement.
Les autorités locales ont d’ailleurs évoqué un précédent récent, où un homme d’origine libanaise avait écopé de quatorze ans de prison pour des faits similaires, rappelant que la nationalité étrangère ne constituait aucunement une barrière à l’action de la justice ghanéenne.

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