Mort du fils d’Adichie : un signal d’alarme pour le Nigeria

Le décès tragique du fils jumeau âgé de 21 mois de la romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie a suscité une profonde émotion et ravivé les interrogations sur l’état du système de santé dans le pays ouest-africain.

Au Nigeria, l’actualité est bouleversée par ce qu’on appelle désormais « l’affaire Adichie », du nom de Chimamanda Ngozi Adichie, l’une des plumes les plus reconnues de la littérature africaine contemporaine, qui a perdu son enfant le mercredi 7 janvier 2026.

Ce drame, déjà insoutenable pour une mère, l’a été davantage encore en raison des circonstances présumées du décès du petit Nkanu Nnamdi, âgé de seulement 21 mois. Tout commence durant les fêtes de fin d’année, alors que la famille Adichie séjourne à Lagos. Le jeune garçon tombe malade.

Ce qui semblait d’abord une affection bénigne s’aggrave peu à peu, poussant ses parents à consulter à l’hôpital privé Eurocare, l’un des établissements les plus réputés de la métropole. Devant la détérioration rapide de l’état de l’enfant, les médecins recommandent une IRM afin d’affiner le diagnostic avant un transfert envisagé vers l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore, aux États-Unis.

Une suite d’erreurs fatales

Une procédure qui nécessite une sédation, surtout pour un enfant en bas âge. C’est à partir de ce moment que, selon les accusations de Chimamanda Adichie, une série d’erreurs médicales fatales se seraient enchaînées.

D’après Anthea Nwandu, tante du petit garçon et médecin expérimentée forte de plus de trente ans de pratique, l’enfant aurait été déplacé sans surveillance, sans oxygène et sans monitoring entre la salle d’IRM et le laboratoire de cathétérisme cardiaque où devait être pratiquée une ponction lombaire.

« L’anesthésiste l’a transporté sur son épaule », a-t-elle déclaré lors d’une interview télévisée le 10 janvier. Elle affirme également que le praticien lui aurait administré une dose excessive de sédatif, provoquant un arrêt cardiaque. Les autorités ont ordonné l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes du drame, tandis que la famille d’Adichie accuse l’hôpital de négligence grave.

La voix de ceux qui n’ont pas de voix

« C’est la preuve ou le symptôme d’un système de santé totalement dysfonctionnel, non seulement au niveau hospitalier, mais probablement au niveau de la société dans son ensemble« , a fustigé Anthea Nwandu, alors que le Nigeria enregistre un taux de mortalité infantile particulièrement élevé, avec un enfant sur dix qui meurt avant d’avoir atteint l’âge de 5 ans, selon une note de la direction du Trésor français datant de 2024 citée par Le Monde.

« Nous parlons désormais pour ceux qui n’ont pas de voix. Cette tragédie n’est pas seulement la nôtre, elle est celle de tant d’autres familles dont personne n’entend la douleur », a ajouté la belle-sœur de Chimamanda Ngozi Adichie.

Les avocats de la famille ont notifié à l’hôpital ses manquements aux protocoles de sécurité et entendent saisir toutes les instances compétentes, selon Omawumi Ogbe, porte-parole de la romancière, citée par Le Monde.


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